Portrait de la clowne Jaretel Bémol (Loca)

A Strasbourg, Hélène Hoohs intervient en qualité de clown à l’hôpital. Elle va vous présenter son clown qui se nomme Jaretel Bémol (anciennement Loca) ainsi qu’un joli souvenir d’intervention dans un EHPAD.
Portrait d’un clown à l’hôpital à Strasbourg
Salut Hélène. Peux-tu nous présenter ton clown ?
Mon clown s’appelle Loca. Son nom est espagnol et alsacien à la fois, comme une double nationalité, une double signification. En espagnol, cela signifie folle et en alsacien boucle de cheveux. C’est un beau clin d’oeil aux nombreuses facettes de la vie.
Loca est coquette, change volontiers de tenue mais garde toujours sa pelle et sa balayette en bandoulière. Jamais pour faire le ménage, le ménage ça sert à rien, c’est sa batterie de voyage.
Toujours prête à sortir les baguettes, rêver ça sauve, surtout sur fond de rock’n’roll. Elle aime les paillettes et le champagne, tout ce qui pétille et fait pchchchch !
Son toc ? Faire la mouette, c’est l’appel du grand large…
Pourquoi es-tu clown à l’hôpital ?
La maladie, la vieillesse, le handicap peuvent entraîner des sentiments d’isolement, de solitude. Les personnes se sentent parfois enfermées. Le travail du clown offre l’opportunité de traverser ces entraves, d’inventer un espace poétique, libre, où la rencontre franchie les barrières de l’âge, des pathologies, des convenances, des habitudes pour un moment précieux de partage.
Cela me touche et me passionne de chercher cet endroit de rencontre
Peux-tu partager un souvenir d’une visite qui t’a marquée ?
Il s’appelle Emile, il a un regard bleu océan dans un corps de plus de 80 ans. Son regard perçant parle sans les mots.
La première rencontre avec lui s’est faite dans sa chambre, sa petite fille était à ses côtés.
J’entre, Emile me regarde puis silence. Toute la densité de sa présence est dans ce regard qu’il m’accorde. Car lorsqu’Emile se sent importuné, il détourne simplement les yeux, se coupe de votre présence.
Je me suis sentie comme dans une scène de duel dans les westerns de Sergio Léone, et c’est dans cet univers que je l’ai emmené. Nous avons eu un duel digne du réalisateur italien, suspense, tension… Qui va gagner ?!
L’oeil d’Emile qui me signifiait que le héros c’était bien lui. Sa petite fille s’est mise à pleurer, émue de voir son grand-père s’évader avec espièglerie d’un quotidien complexe, sans un mot.
Un grand merci à Hélène d’avoir partager ce souvenir si émouvant ! Pour découvrir les autres clowns de l’association et d’autres histoires de rencontre, rendez-vous sur le trombinoscope.
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